Les langues berbères, dispersées sur une aire géographique très vaste, sont soumises à une pression de l'arabe maghrébin et dans une moindre mesure du français. Des villes et des régions majoritairement berbérophones au début du XXe siècle ne le sont plus du tout aujourd'hui (Batna, Oum El Bouaghi, etc.), l'arabe maghrébin ayant remplacé le berbère.
Localisation des variantes
berbères en Afrique du Nord.
Chleuh Braber
Rifain Chenoui
Kabyle Chaoui
Touareg Peul (zenaga, mozabite, siwi)
Maroc [modifier]
Le Maroc est, en pourcentage, le principal État berbérophone[4].
Fillette berbère du Haut Atlas au Maroc (vallée de l'Imlil)Le chleuh (tachelhit) est parlé par les Chleuhs dans le Haut Atlas, dans l'Anti-Atlas au sud, et dans la plaine de Souss et ailleur partout dans le royaume. C'est le dialecte berbère le plus parlé — entre 15 et 20 millions de locuteurs.
Le tamazight du Maroc central, appelé aussi tamazight tout court ou braber — est parlé dans le Haut et le Moyen Atlas, de Khénifra à Taza, ainsi par ailleurs qu'au centre du royaume.
Le rifain (tarifit), parlé par les habitants de la région du Rif au nord du Maroc — Nador, Al-Hoceima, Tanger, Tetouan, Taza, Melilla...
Le znassni (thaznassnikht), parlé par les habitants de la région du Béni-Snassen au nord-est du Maroc — Oujda, Berkane, Ahfir, Taourirt, Aklim, Saidia, etc.
Le ghomara, parlé les Ghomaras situés dans le Rif occidental jusqu'à la côte atlantique — Asila et Ksar Elkebir.
Algérie [modifier]
Carte linguistique Touggourt, Ouargla, etc.L'Algérie compte environ 40 % à 45 % de berbérophones — selon le professeur Salem Chaker, de l'Inalco.
Le kabyle (tha kvayelith) avec 5,5 millions de locuteurs en Kabylie est la deuxième langue la plus parlée après le chleuh — les trois wilayas de Tizi-Ouzou (Tizi-wuzu en kabyle), Béjaïa (Vgayet), Bouira (Tuvirets) et une partie des wilayas limitrophes. Certains estiment à plus de 7 millions de kabylophones en comptant la diaspora. Setif et sa région parlent le kabyle, idem pour bordjbouarreridj, msila, une partie de jijel ainsi collo, skikda, annaba, constantine, tarf, et le nord de guelma parlent le kabyle. C'est la petit kabyle historique sans oublier la region d'alger qui est kabyle. Le chenoui et ait salah, boufarik, beni-menad sont kabyles idem pour tenes cherchell tous le nord...
Le chenoui est présent dans l'Atlas blidéen (beni salah) à l'ouest d'Alger (600 000 locuteurs).
Le chaoui (tachawit) est parlé par plus de 4,5 millions de personnes à l'est du pays, surtout dans les Aurès — wilayas de Batna, Khenchela, Oum-El-Bouaghi, Souk Ahras, Constantine et Sétif et dans une partie des wilayas de Guelma, et Biskra.
Le mozabite, est parlé au Mzab, dans le sud : 300 000 locuteurs
Le touareg (c'est-à-dire les variantes tamasheq, tamahaq, tamajaq) est parlé dans le sud de l'Algérie, le sud est de la Libye, au Mali, au Niger et au nord du Burkina Faso.
Le chelha est parlé à Beni Boussaid, un âarch berbère de 13 000 habitants situé au mont Asfour dans la wilaya de Tlemcen, et à Bousemghoune, et Assla des villages situés dans la région d'Elbayadh ainsi qu'à Beni Snous, une commune de la wilaya de Tlemcen, composée d'une douzaine de villages.
Le tagargrent est parlé dans la région de Ouargla et de N'Goussa. Et tougourt et sa région righa.
Le Zénète est parlé par plusieurs tribus berbères Zénètes dans les régions de Tipaza, de Ain Defla, de Chlef, de Mostaganem, l'Ouarsenis (Banou Ifren et Maghraoua), les Aurès (les tribus Zénètes)[5], etc. L'ancien Zénète est parlé dans la région de Gourara[6].
L'enseignement du berbère a connu une forte demande chez les Kabyles. Dans les régions Chaouis et le Mzab, la demande pour l'enseignement du berbère a connu une baisse[7].
Mali et Niger [modifier]
Le touareg, plus précisément les variantes tamasheq et tamajaq [réf. nécessaire]. Les Touaregs représentent environ 10 % de chacune des populations malienne et nigérienne.
Tunisie [modifier]
Jeune femme berbère de Tunisie (début des années 1900)En Tunisie, pays arabophone à 99 %, le chelha est parlé dans les villages semi-berbérophones du sud — Chenini, Douiret, Matmata, Tamezrett, etc. — ainsi que dans quelques villages de l'île de Djerba (surtout Guellala/Iqellalen, Ajim, Sedouikech/Azdyuch, Ouirsighen/At Ursighen)[8].
Libye [modifier]
Le Nefzaouas est parlé en Libye, à Aoudjila , Sokna et Zouara — 20 % de la population. Le tamahaq est également parlé dans la région de Ghat par environ 17 000 personnes (Johnstone 1993). La région de Yafran, le Ifren est parlé.
Mauritanie [modifier]
Le zenaga est parlé à Medredra. Le tamasheq est également utilisé. Mais la plupart des non-arabophones de Mauritanie parlent les langues nigéro-congolaises.
Îles Canaries [modifier]
Dans les îles Canaries, se parlait jadis le guanche, aujourd'hui disparu. Une partie de la population actuelle de ces îles espagnoles se revendique berbère mais ne parle aucun dialecte de cette langue[9]. Cette revendication berbère est notamment portée par le Congrès national canarien (CNC), parti indépendantiste canarien, branche politique du mouvement de libération des Canaries, le MPAIAC[10].
Égypte [modifier]
Les Siwis parlent le seul dialecte berbère égyptien, le siwi, présent dans les environs de l'Oasis de Siwa. Cette oasis du nord-ouest de l'Égypte représente le plus oriental des groupes berbères[11].
Écriture [modifier]
Entrée à Kidal, ville touareg du Mali, au centre du massif de l'Adrar des Ifoghas. Sur le côté gauche du rocher, Kidal est écrit en caractère tifinagh : " kd'l ". Article détaillé : Tifinagh.
Le berbère est noté, depuis le milieu du premier millénaire avant l'ère chrétienne, au moyen de l'alphabet tifinagh ou libyco-berbère. Il comporte des voyelles et des consonnes, dont il existe plusieurs variantes [12].
Depuis le début du XXe siècle, le berbère a surtout été écrit au moyen de l'alphabet latin ou de l'alphabet arabe, bien que les Touaregs continuent de l'utiliser couramment.
Cependant, des propositions de tifinagh standard ont vu le jour à partir de la fin du XXe siècle. L'Académie berbère, travailla sur une version, révisée ensuite par le professeur Salem Chaker de l'Inalco. L'Ircam officialisa une version de l'alphabet tifinagh en 2003.
La principale difficulté de la mise en place d'un alphabet standard réside dans la localisation progressive des langues berbères, qui a engendré une différenciation de certains phonèmes et lettres[13].
Statut [modifier]
Pancarte de bienvenue multilingue de la commune d'Isser (Boumerdès, Algérie) transcrit en arabe, en berbère (tifinagh), et en français.Le berbère n'est langue officielle dans aucun pays, il est langue nationale au Mali, au Niger et en Algérie depuis 2002. Si le berbère est aujourd'hui très minoritaire tant en Tunisie qu'en Libye, il est cependant très présent en Algérie mais aussi, et surtout, au Maroc.
Les États d'Afrique septentrionale concernés (Maroc, Algérie, Mali, Niger, Libye, Égypte, Tunisie, Mauritanie, etc.) ont, dès l'accession aux indépendances, adopté au sujet des langues locales autres que l'arabe officiel — geolectes arabes ou berbères, langues négro-africaines, français, voire espagnol — des politiques extrêmement différenciées, souvent hostiles[14].
Aujourd'hui, les politiques linguistiques lancées après les indépendances avaient pour objectif de remplacer le français par l'arabe au détriment du berbère. Le mouvement revendicatif berbère a fait irruption sur la scène algérienne en 1980 en Kabylie.
Cependant, si par exemple en Algérie, le berbère a été déclaré langue nationale par la révision constitutionnelle du 10 avril 2002 (article 3 bis), ou au Maroc introduit dans l'enseignement primaire, celui-ci n'est dans aucun de ces pays enseigné comme idiome majoritaire au long des cursus scolaires et universitaires[15].
En conséquence, les langues berbères qui ne bénéficient nullement d'un soutien massif au niveau de la politique nationale, se transmettent de plus en plus difficilement dans les zones urbaines et, même au sein de la matrice rurale originelle, résistent de plus en plus mal aux concurrences des arabes locaux et standard, des langues des anciennes puissances coloniales ou de l'anglais.